Programmation 2009-2010
Séminaire mensuel
Dates : les derniers ou avant-derniers vendredis du mois, de 13h00 à 16h00
Lieu : Université de Montréal — Pavillon Maximilien-Caron
Lieu : Université de Montréal — Pavillon Maximilien-Caron
2e étage – local A-2411
1. Séance du vendredi 24 septembre 2010
Thème : Récits du génocide au Rwanda
Conférenciers :
- Michael Rinn (Université de Bretagne Occidentale) : «Les émotions dans les récits du génocide de Jean Hatzfeld»
- Josias Semujanga (Université de Montréal) : «Les récits de génocide : un indicible dans la culture?»
2. Séance du vendredi 29 octobre 2010
Thème : Séance polémique : NOUS et, ou, ni, mais, car, or, donc EUX
Conférenciers :
- Yan Hamel (Teluq/Université du Québec à Montréal) : «Notre Belle Province, leur chaos. À propos de la littérature québécoise pour enfants»
- Régine Robin (Université du Québec à Montréal) : «Nous autres les autres»
3. Séance du vendredi 26 novembre 2010
Thème : XIXe siècle : le texte, le marché, les médias
Conférenciers :
- Stéphane Vachon (Université de Montréal) : «Balzac médiologue»
- Geneviève Sicotte (Université Concordia) : «Économie et ludisme : le texte décoratif fin de siècle»
4. Séance du vendredi 28 janvier 2011
Thème : La science arraisonnée par la littérature
Conférenciers :
- Elaine Després (Université du Québec à Montréal) : «Folle institution contre savant fou, une lutte apocalyptique dans Oryx and Crake de Margaret Atwood»
- Michel Pierssens (Université de Montréal) : «Rime et Raison»
5. Séance du vendredi 18 février 2011
Thème : Édifications
Conférenciers :
- Pierre-Olivier Brodeur (Université de Montréal) : «Figures de femmes dans le roman édifiant du XVIIIe siècle»
- Daniel Larangé (Paris III) : «Jésus-Christ dans l’œuvre de Pierre-Joseph Proudhon»
6. Séance du vendredi 25 mars 2011
Thème : Louis-Ferdinand Céline
Conférenciers :
- Bernabé Wesley (Université de Montréal) : «Nord de Louis-Ferdinand Céline : une réécriture des chroniques médiévales»
- Claudia Bouliane (Université McGill) : «D’attroupements en révolutions : les rassemblements dans le Paris de Mort à crédit»
7. Séance du vendredi 22 avril 2011
Thème : Inventer le temps
Conférenciers :
- Anne-Hélène Dupont (Université McGill) : «"Une fête vraie." Guerre et fête dans Le Temps retrouvé»
- David Boucher (Université de Montréal) : «Les nouvelles dystopies : de Fahrenheit 451 à Nelly Arcan»
Atelier de lecture
Université de Montréal — Pavillon Maximilien-Caron, salle 2411
Date : début janvier 2011
Organisation : Olivier Parenteau
Trois
écrits (un texte de prose d’idées du XVIIIe, un poème du XXe et une
nouvelle du XXIe), un seul objectif : entrer dans le langage de chacune
de ces œuvres par le biais d’une analyse minutieuse des paramètres
textuels internes. Des microlectures parce que, « rappelons-le [c’est
Claude Duchet qui parle], la sociocritique vise d’abord le texte. » Il
s’agira moins de montrer comment les textes retenus dialoguent avec la
rumeur sociale qui leur est contemporaine, comment ils la reconduisent,
la transforment et la déplacent (l’année de parution du texte et son
pays d’origine seront leurs seules indications fournies), que
d’envisager le rapport au monde des différents textes de manière libre,
vivante, en se basant sur ses propres connaissances et, surtout, en
s’arrimant aux mots, aux énoncés, aux figures, aux cadres formels, à
tout autre signe pertinent donné à lire par les textes.
Préalablement
à la rencontre, les participants devront avoir lu et analysé les trois
textes et avoir préparé leur intervention (informelle) : le temps alloué
pour les communications sera précisé une fois que le nombre de
participants sera confirmé.
Les textes sont :
1. une prose d’idées du XVIIIe siècle : Constantin-François de Chasseboeuf Volney, "Invocation", dans Les Ruines, ou Méditations sur les révolutions des empires, Paris, Garnier frères, 1883 [1791], p. 1-4;
2. un poème du XXe siècle : Jean Follain, « L'anecdote », dans Exister, suivi de Territoires, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1968, p. 89;
3. une nouvelle du XXIe siècle : Gilles Pellerin, « Répétition d'orchestre », dans Ï , Québec, L'Instant même, 2004, p. 20.
Les participants intéressés en informeront Olivier Parenteau à l’adresse électronique suivante : olivierparenteau@yahoo.ca
Souvenons-nous que l’ingénieux gentilhomme «passait ses heures d’oisiveté, c’est-à-dire le plus clair de son temps, plongé avec ravissement dans la lecture des romans de chevalerie. […] Il se donnait avec un tel acharnement à ses lectures qu’il y passait ses nuits et ses jours, du soir jusqu’au matin et du matin jusqu’au soir.» Resulto fatal : «Il dormait si peu et lisait tellement que son cerveau se dessécha et qu’il finit par perdre la raison.» Comme on sait, il garda si bien en tête la lettre de ses romans qu’il se fit chevalier errant et se mit à lire le monde et sa propre vie au filtre de ce qu’il avait lu. Dans ce motif des mauvaises lectures, capital dans l’incipit de L’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantes, le Colloque des mauvaises lectures verra l’un des actes fondateurs de la modernité littéraire, voire de la littérature tout court.
Programmation 2008-2009
Colloque des mauvaises lectures
Lieu : Université McGill (salle à préciser)
Date : 3-4 mars 2011
Souvenons-nous que l’ingénieux gentilhomme «passait ses heures d’oisiveté, c’est-à-dire le plus clair de son temps, plongé avec ravissement dans la lecture des romans de chevalerie. […] Il se donnait avec un tel acharnement à ses lectures qu’il y passait ses nuits et ses jours, du soir jusqu’au matin et du matin jusqu’au soir.» Resulto fatal : «Il dormait si peu et lisait tellement que son cerveau se dessécha et qu’il finit par perdre la raison.» Comme on sait, il garda si bien en tête la lettre de ses romans qu’il se fit chevalier errant et se mit à lire le monde et sa propre vie au filtre de ce qu’il avait lu. Dans ce motif des mauvaises lectures, capital dans l’incipit de L’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantes, le Colloque des mauvaises lectures verra l’un des actes fondateurs de la modernité littéraire, voire de la littérature tout court.
On ira en amont et en aval du Quichotte et on parcourra le vaste monde dans le but d’ouvrir ce paradigme heuristique des mauvaises lectures, que l’on pourra sur l’erre d’aller travestir en méta-paradigme des lectures mauvaises,
de manière à parcourir le long segment, semé de nuances intermédiaires,
qui va de l’erreur néfaste mais innocente à la malveillance coupable
mais triomphante, de l’inadvertance significative au geste délibéré. Et
puisqu’il s’agit de sociocritique, on lira des textes (ou des objets de
langage regardés comme des textes) qui font étalage de ce paradigme. Il
en fourmille, comme le prouvent les quelques exemples qui suivent.
Vers
l’amont, on lira et relira par exemple les «mauvaises lectures»
imputées aux uns et aux autres, par les uns aux autres et
réciproquement, des grands Livres religieux, la Bible et le Coran au
premier chef, et l’on se posera à leur sujet non des questions de
légitimité ou d’orthoxicité mais des questions sociosémiotiques : quels
effets ont-elles sur les récits transcendantaux? quelles modifications
narratives et de compréhension entraînent-elles? quels déplacements
provoquent-elles dans l’ordre des représentations? Parmi les nombreuses«
mauvaises lectures » du Moyen Âge, il faut d’abord compter avec les
amants lecteurs, dont les célèbres Paolo et Francesca qui, chez Dante (La Divine Comédie), sombrent dans le péché de chair en lisant le Lancelot, mais aussi – et avant eux — Floris et Lyriopé (XIIIe s.), parents de Narcisse selon Robert de Blois, qui voient naître leur amour alors qu’ils lisaient Pyrame et Thisbé... et que Floris était travesti en Floré! Les mauvaises lectures sont parfois suggérées de manière plus indirectes, comme dans Durmart le Galois
par exemple, roman arthurien du XIIIe s., où la relation amoureuse
entre le jeune homme et la femme du sénéchal de son père prend naissance
précisément au moment où la dame est retirée dans sa chambre en train
de lire un roman.
Vers
l’aval la pêche ne sera pas moins nombreuse. Quel aurait été le destin
de Véronique Graslin si elle n’avait été ravagée par la lecture de Paul et Virginie
en pleine adolescence (Balzac, Le Curé de village, 1833) et quelle
pédagogie sociale se réfracte dans l’enfermement intellectuel de Louis
Lambert, dévoré par ses lectures (Balzac, Louis Lambert, 1832)?
Jude l’obscur, dans le roman de Thomas Hardy qui porte son nom (1895),
ne vit pas moins dans «ses» livres que Louis Lambert, mais leurs
lectures n’ont pas les mêmes effets que celles des deux copistes majeurs
que sont Bouvard et Pécuchet, héros d’un roman qui ne pouvait sans
doute être qu’inachevé. En matière de lectures dont les conséquences
sont graves, Flaubert fit mieux en faisant d’Emma Rouaud une jeune femme
trop entichée de romans romantiques (Madame Bovary, 1857), ce
qui la distingue de Madame Thénardier, lectrice impénitente des
néo-classiques de Madame Bournon-Malarme et de Madame Barthélemy-Hadot,
quand son mari, lui, cultivait Pigault-Lebrun (Victor Hugo, Les Misérables,
1862). Jamais un tel n’aurait assommé un pauvre s’il n’avait pas «avalé
[…] toutes les élucubrations de tous ces entrepreneurs de bonheur
public, — de ceux qui conseillent à tous les pauvres de se faire
esclaves, et de ceux qui leur persuadent qu’ils sont tous des rois
détrônés» (Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, 1869
[posth.]). Une centaine d’années avant qu’un grand «syntaxier»,
accessoirement professeur d’anglais, relie la lecture de tous les livres
à la désolation de la chair, Tchao Yi, dans ses «Lectures oisives»
accomplies en Chine, soulignait que le temps pousse de toute manière à
mal lire :
Lorsque nous lisons les vieux livres,
Nous le faisons toujours de notre point de vue :
Comme des gens qui, sur une vaste place,
Entourent une haute estrade où jouent des comédiens.
Plus près de nous, une autre séquence d’incipit
— «Et le jeune homme eut soudain une vision de ce que pouvait être sa
vie, dans l’inquiet tourbillon de Saint-Henri, cette vie des jeunes
filles fardées, pimpantes, qui lisent des romans-feuilletons de quinze
cents et se brûlent à de pauvres petits feux d’amour factice.»
(Gabrielle Roy, Bonheur d’occasion, 1944) — rappelle que la
littérature québécoise est elle aussi traversée par le motif des
mauvaises lectures, depuis les listes de l’index jusqu’à Bessette, Tremblay, Ducharme et al.
Mais
la «mauvaise lecture» n’est pas nécessairement celle d’un texte. Un
geste peut être mal compris, un mot pris de travers, un signe mal
interprété, une graphologie innocemment ou volontairement mal
identifiée, et tout le reste est littérature ou enfer. Ainsi de la
couleur de la voile du bateau qui ramène Iseult vers les côtes de
Cornouailles (Tristan et Iseult), ainsi de Tristan Corbière
fondant sa poétique sur la surdité et l’entendement «de travers», ainsi
de maints personnages pluri-identitaires de Paul Auster (La Cité de verre et al.) ou de Régine Robin (La Mémoire des pierres, Cybermigrances et al.) lisant de guingois des villes, des mouvements, des noms. D’Eugène Sue (Les Mystères de Paris et al.) à Jonathan Coe (La Femme de hasard et al.),
l’intervention d’auteur est souvent là pour empêcher la mauvaise
lecture ou… pour indiquer qu’elle serait la seule vraiment féconde si
elle avait été esthétiquement possible. La littérature médiévale est
pleine de mauvais lecteurs — de pierres tombales, d’images, de lettres.
En d’autres états de l’imaginaire social, on trouvera leurs descendants
dans les romans épistolaires de l’âge classique, dans la sémiologie
conspirationniste d’auteurs comme Stieg Larsson ou Dan Brown, dans les
intrigues des romans et films noirs ou policiers (tout l’art de Colombo
ne vient-il pas de sa façon de tirer la «vérité» d’un indice d’abord mal
lu?)
Allons ailleurs.
Sur
les tables des écoles et des amphithéâtres par exemple : là règne
l’ennemi pédagogique numéro un de toutes les classes d’étudiants en
lettres passés, présents et à venir, le grave contresens dans
l’explication de texte.
En
philosophie : maintes discussions au plus haut niveau ont pour principe
de prouver que l’autre a mal lu la tradition dont les deux discuteurs
se réclament. Dans l’arène politique : vaincre en un débat ou gagner une
élection supposent de parvenir à faire croire que l’autre a mal lu la
situation, l’histoire, les chiffres, l’événement. L’attribution
scélérate d’un nom à un graphisme peut conduire à l’Île du Diable. Il ne
se passe pas un jour sans qu’un représentant du peuple (!), qu’il
s’agisse d’un ministre, d’un député ou d’un sportif, se déclare mal lu
ou mal cité.
Sur l’étal linguistique : le lapsus
et tous les actes manqués de nature langagière ont aussi quelque chose à
voir avec le mal lire, car la fausseté que l’œil ou l’oreille leur
prête a ses raisons que seule une lecture systémique peut entrevoir,
ainsi que l’avait deviné Albert Cim dans ses Récréations littéraires (1820). On n’omettra pas les effets d’un courriel auquel la cause de maints malentendus est spontanément (vraiment?) attribuée.
Enfin,
il ne saurait être question d’oublier le continent de la traduction. En
langue, traduire «polish sausage» par «polissez la saucisse» et «made
in Turkey» par «fait en dinde» sur un produit de consommation n’est pas
seulement une affaire de dictionnaire. En lettres, dérives curieuses,
erreurs sémantiques, ruptures de ton ou «belles infidèles» forment un
long cortège de détournements de sens dont il faut au cas par cas
recomposer la logique et les conséquences.
Tous
les exemples énumérés ci-dessus ne le sont qu’à titre suggestif. Libre à
chacun d’aller vers les corpus de son choix et de considérer le motif
de la mauvaise lecture avec souplesse, en y incluant part exmple le
non-traduire (Jacques Brault), le non-lire, le «déconstruire», etc.
L’important sera de sortir le motif à la fois de tout moralisme (mal
lire n’est pas bien), de tout normativisme (mal lire est contraire à une
norme de goût ou de culture), de tout négativisme saturant (l’effet ne
serait que délétère). Puisqu’il s’agit de sociocritique, il importe de
penser la question sur le mode de l’action : la mauvaise lecture est
essentielle au roman qui la thématise ou à l’essai théorique qui
s’appuie sur elle ; la mauvaise lecture déconnecte un texte des bases
axiologiques et des répertoires doxiques ou discursifs auxquels il
serait attendu qu’il soit relié, et lui trouve d’autres corrélations qui
ont une incidence immédiate et entière sur les mouvements de sens dont
il se soutient ; la mauvaise lecture enclenche un déplacement dans
l’ordre ou le désordre des représentations et, à ce titre, est à la fois
un élément fondamental de l’évolution du discours ou de l’imaginaire
social et un élément nodal de l’écriture littéraire. Parole de maître :
«Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. Sous
chaque mot chacun de nous met son sens ou du moins son image qui est
souvent un contresens. Mais dans les beaux livres, tous les contresens
qu’on fait sont beaux» (Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve).
Comité organisateur :
Claudia Bouliane, Sylvain David, Anne-Hélène
Dupont et Geneviève Sicotte
Colloque
des Mauvaises Lectures
McGill — Concordia — 3 et 4 mars 2011 —
Programme
Jeudi 3 mars 2011 –
Université McGill
Salle 112, pavillon Duff
3775 avenue University
Salle 112, pavillon Duff
3775 avenue University
9h15 : Accueil des participants
Première séance
Présidente : Claudia Bouliane (Université McGill)
9h30 : Jean-François Chassay (UQAM) :
«L’Amérique n’existe pas, c’est
un texte qui nous le dit»
10h10 : Michel Fournier (Université d’Ottawa)
« Du bon usage des mauvaises
lectures : fiction érotique et culture du roman dans l’Ancien Régime »
10h50 : Pause
11h10 : Natalia Teplova (Université Concordia)
«Catherine
II traduit Shakespeare : mauvaise lecture, adaptation ou censure ?»
12h00 Pause – Déjeuner
Deuxième séance
Présidente : Geneviève Sicotte (Université Concordia)
13h30 : Shawn Duriez (Université McGill) :
«Mauvais genre, mauvaise lecture. Le roman policier et la
décomposition du romanesque»
14h10 : Isabelle Arseneau (Université McGill)
«Les romans
de la Rose et de la Violette (XIIIe siècle) ou l’art de lire des
mauvais romans»
14h50 : Pause
15h10 : Daniel S. Larangé (Université Åbo Akademi de Turku)
«Harold Bloom et les mauvaises
lectures de l'herméneutique rabbinique : de la tradition
aux trahisons fondatrices»
15h50 : Yan Hamel (Téluq/UQAM) :
«Sophocle mauvais lecteur de Racine :
retour sur la composition de Gisèle»
Vendredi 4 mars 2011 –
Université Concordia
Salle LB-619, Pavillon J.W. McConnell
1400, boul. de Maisonneuve ouest
Salle LB-619, Pavillon J.W. McConnell
1400, boul. de Maisonneuve ouest
Troisième séance
Président : Marc Angenot (Université McGill)
9h30 : Djemaa Maazouzi (Université de
Montréal) :
«Les mauvaises lectures du Petit soldat de Jean-Luc Godard»
10h10 : Christiane Ndiaye (Université de
Montréal) :
«Hugo, la Bible et Bob
Marley : lectures tragiques dans les romans de Gisèle Pineau»
10h50 : Pause
11h10 : François-Emmanuel
Boucher (Collège royal du Canada)
«Ghostwriter, pornographe et
littéraire : Philippe Muray et les bienfaits des mauvais livres»
12h00 Pause – Déjeuner
Quatrième séance
Présidente : Anne-Hélène Dupont (Université McGill)
13h30 : Invitation à la poétique et à Isabelle
Daunais (Université McGill)
«De
l'utilité des mauvais lecteurs: l'exemple de Don Quichotte»
14h10 : Anne-Marie David (Université de Montréal) et Sylvain David
(Université Concordia)
«L’abîme regarde aussi en toi.
De la métatextualité défensive chez Antoine Volodine»
14h50 : Pause
15h10 : Jacques Dubois (Université de Liège) :
«Mal lire : tout un art»
15h50 : Pierre Popovic (Université de Montréal)
«On ne lit pas impunément des niaiseries sous le second Empire.»
Cocktail de clôture
1. Séminaire mensuel
28 août 2008 : séance d’ouverture et conférence inaugurale
Régine Robin (Université du Québec à Montréal) : «Les Mégapoles»
————————————————————————————————————————
1. Séance du vendredi 26 septembre 2008
Thème : Récit et Révolution
Conférenciers :
- Geneviève Lafrance (Columbia University) : «Les désordres du don. Bienfaisance, roman et Révolution»
- Marc Angenot (Université McGill) : «Le millénarisme de Joachim de Flore à Karl Marx»
2. Séance du vendredi 31 octobre 2008
Thème : Oubli et mémoire de la guerre d’Algérie
Conférenciers :
- Mehana Amrani (Université McGill) : «Le 8 mai 1945»
- Djemaa Maazouzi (Université de Montréal) : «Les embrayeurs et les débrayeurs du souvenir»
3. Séance du vendredi 28 novembre 2008
Thème : Dire la ville
Conférenciers :
- Claudia Bouliane (Université de Montréal) : «Décombres de l’avenir et projets rudéraux : les métamorphoses de Paris chez Verne, Hugo et Zola»
- Francis Gingras (Université de Montréal) : «Pas dans ma cour : le discours sur la ville et la pratique des genres vernaculaires ‟bourgeois” au tournant des XIIe et XIIIe siècles»
4. Séance du vendredi 30 janvier 2009
Thème : Le radium et l’EPO
Conférenciers :
- Pierre Popovic (Université de Montréal) : «Marie de France aurait-elle pu gagner le Tour de France? Brève histoire du fortifiant»
- Jean-François Chassay (Université du Québec à Montréal) : «Marie Curie : la femme de tous les transports»
5. Séance du vendredi 27 février 2009
Thème : La fin de l’histoire
Conférenciers :
- Sylvain David (Université Concordia) : «Le roman de l’après»
- François-Emmanuël Boucher (Collège royal militaire du Canada) : «Les survivances réactionnaires»
6. Séance du vendredi 27 mars 2009
Thème : La «Grande Guerre» en vers et en prose
Conférenciers :
- Olivier Parenteau (Université McGill) : «L’honneur des poètes : Grande Guerre et modernité poétique»
- Paul Bleton (Téluq/UQAM) : «La Guerre de 14 à travers les âges (1896-1952) : telle qu’elle devait être, qu’elle pourrait être, qu’elle a été»
7. Séance du vendredi 24 avril 2009
Thème : Croyances et représentations
Conférencier :
- Michel Fournier (Université d’Ottawa) : «Socio-historicité des représentations et prise en charge culturelle des croyances sous l’Ancien Régime»
- Assemblée générale annuelle
8. Séance du vendredi 29 mai 2009
Thème : Lectures de Sartre
Conférenciers :
- Yan Hamel (Téluq/UQAM) : «L’Amérique selon Sartre»
- Benoît Denis (Université de Liège) : «Lire Sartre aujourd’hui»
2. «Atelier Mécanique (révisions de projet, réparations d’hypothèses, ajustements d’argumentaires, changements des huiles de synthèse, etc.)» : 18 décembre 2009
Présentation de recherches en cours et, surtout, des questions qu’elles entraînent concrètement. Les orateurs et oratrices font part en une quinzaine de minutes d’un travail en cours (petit ou grand, travail de séminaire, article, maîtrise, grand projet ou thèse, peu importe) en concentrant l’exposé sur les difficultés rencontrées, qu’elles soient de nature épistémologique, herméneutique ou autre (on peut très bien par exemple faire une communication sur un concept qui nous fait question en essayant de trouver pourquoi il nous fait question). La discussion qui suit a pour but d’essayer de proposer sinon des solutions, du moins des pistes pour venir à bout du problème.
3. Assemblée annuelle : 24 avril 2009
Le séminaire du 24 avril 2009 (conférence de Michel Fournier) sera suivi de la première assemblée annuelle du CRIST. Les objectifs en seront les suivants : bilan des manifestations de l’année, retour sur les travaux et sur le fonctionnement global, propositions pour la programmation 2009/2010.
4. Colloque annuel du CRIST : 6-7 mars 2009
«Le héros, le traître et la hauteur des circonstances»
Apparemment aucune société humaine n’a pu se développer sans se doter de héros et d’une représentation de l’héroïsme. Le colloque reprend cette question d’un point de vue sociocritique, en se demandant comment, en littérature, en discours et en art, s’élaborent les héros sur le plan des mises en forme et du traitement des langages, comment se construisent la mise en œuvre de l’héroïsme et ses contestations nombreuses et multiformes, avant d’évaluer la portée de cette élaboration et de cette construction sur l’écran de la semiosis sociale afférente à tel ou tel état de l’histoire et de la société.
Vendredi 6 mars 2009
8h45 : Accueil des participants
Président de séance : Jean-François Chassay (Université du Québec à Montréal)
9h00 : Claudia Bouliane (Université de Montréal) : «‟Je suis ce héros, répondit hardiment Michel.” Paris au XXe siècle de Jules Verne»
9h40 : Anne-Hélène Dupont (Université McGill) : «Drôle de guerre, drôles de héros. 1939-1940 chez Julien Gracq, Irène Némirovsky et George Simenon»
10h20 : Pause
10h30 : Pierre Popovic (Université de Montréal) : «Le complexe de Protis. Lecture des Marins perdus de Jean-Claude Izzo»
11h10 : Natalia Teplova (Université Concordia) : «‟Héroïsme” dans Résurrection de Tolstoï en russe et en français»
Pause – Déjeuner
Président de séance : Olivier Parenteau (Université McGill)
13h00 : Josias Semujanga (Université de Montréal) : «De l’histoire de Chaka au personnage littéraire ou la naissance d’un héros moderne en Afrique»
13h40 : Djemaa Maazouzi (Université de Montréal) : «H comme harki, honte, honneur : nom du traître et traîtres mots»
14h10 : Pause
14h20 : Émilie Brière (Université de Montréal/Université de Lille III) : «Jeune victime cherche héros»
15h00 : Mélanie Lamarre (Université de Lille III) : «Un sujet anachronique? Parcours de l’héroïsme dans les romans d’Olivier Rolin»
15h40 : Anne-Marie David (Université de Montréal): «Le héros sans mémoire»
3. Assemblée annuelle : 24 avril 2009
Le séminaire du 24 avril 2009 (conférence de Michel Fournier) sera suivi de la première assemblée annuelle du CRIST. Les objectifs en seront les suivants : bilan des manifestations de l’année, retour sur les travaux et sur le fonctionnement global, propositions pour la programmation 2009/2010.
4. Colloque annuel du CRIST : 6-7 mars 2009
«Le héros, le traître et la hauteur des circonstances»
Apparemment aucune société humaine n’a pu se développer sans se doter de héros et d’une représentation de l’héroïsme. Le colloque reprend cette question d’un point de vue sociocritique, en se demandant comment, en littérature, en discours et en art, s’élaborent les héros sur le plan des mises en forme et du traitement des langages, comment se construisent la mise en œuvre de l’héroïsme et ses contestations nombreuses et multiformes, avant d’évaluer la portée de cette élaboration et de cette construction sur l’écran de la semiosis sociale afférente à tel ou tel état de l’histoire et de la société.
Vendredi 6 mars 2009
8h45 : Accueil des participants
Président de séance : Jean-François Chassay (Université du Québec à Montréal)
9h00 : Claudia Bouliane (Université de Montréal) : «‟Je suis ce héros, répondit hardiment Michel.” Paris au XXe siècle de Jules Verne»
9h40 : Anne-Hélène Dupont (Université McGill) : «Drôle de guerre, drôles de héros. 1939-1940 chez Julien Gracq, Irène Némirovsky et George Simenon»
10h20 : Pause
10h30 : Pierre Popovic (Université de Montréal) : «Le complexe de Protis. Lecture des Marins perdus de Jean-Claude Izzo»
11h10 : Natalia Teplova (Université Concordia) : «‟Héroïsme” dans Résurrection de Tolstoï en russe et en français»
Pause – Déjeuner
Président de séance : Olivier Parenteau (Université McGill)
13h00 : Josias Semujanga (Université de Montréal) : «De l’histoire de Chaka au personnage littéraire ou la naissance d’un héros moderne en Afrique»
13h40 : Djemaa Maazouzi (Université de Montréal) : «H comme harki, honte, honneur : nom du traître et traîtres mots»
14h10 : Pause
14h20 : Émilie Brière (Université de Montréal/Université de Lille III) : «Jeune victime cherche héros»
15h00 : Mélanie Lamarre (Université de Lille III) : «Un sujet anachronique? Parcours de l’héroïsme dans les romans d’Olivier Rolin»
15h40 : Anne-Marie David (Université de Montréal): «Le héros sans mémoire»
Samedi 7 mars 2009
Présidente de séance : Élisabeth Nardout-Lafarge (Université de Montréal)
8h40 : Francis Mus (Université de Louvain) : «Politique, héroïsme et littérature chez Paul Colin et dans L’art libre»
9h20 : Yan Hamel (Téluq/Université du Québec à Montréal) : «Marcel duelliste»
10h00 : Sylvain David (Université Concordia) : «Le héros post-historique»
10h40 : Pause
10h50 : Azouz Ali Ahmed (Queen’s University) : «À propos d’un propos de Larbi Ben M’Hidi, héros de la guerre de libération nationale algérienne»
11h30 : Mehana Amrani (Université McGill) : «La fin tragique des héros algériens»
Pause – Déjeuner
Président de séance : Michel Fournier (Université d’Ottawa)
13h00 : Geneviève Boucher (Université de Montréal/Paris IV-Sorbonne) : «Autoportrait de Robespierre en héros de la Révolution»
13h40 : Marc Angenot (Université McGill) : «Les mandats reçus de l'histoire : bovarysme et ‟rôles” historiques au XXe siècle»
14h20 : Pause
14h30 : François-Emmanuël Boucher (Collège militaire royal du Canada) : «Réactionnaires, fanatiques et obtus, ou la poétique de l'anti-modernité»
15h10 : Daniel S. Larangé (Université McGill) : «Judas Iscariote : traître du passé, héraut de l’avenir. Accomplissement d’une fiction et mythe inachevé»
Programmation 2009-2010
1. Deuxième séance inaugurale
Jeudi 27 août 2009 de 18h00 à 21h00
Jean-François Chassay (UQAM) : «Insémination artificielle : du gène en littérature»
2. Séminaire mensuel 2009-2010
1. Séance du vendredi 25 septembre 2009
Thème : Échanges et philosophie à l’ombre du romantisme
Conférenciers :
- Daniel S. Larangé (Paris III/McGill) : «Mariologie et romantisme social»
- Éric Méchoulan (Université de Montréal) : «Sur La fausse monnaie de Charles Baudelaire»
2. Séance du vendredi 30 octobre 2009
Thème : Le sexe des uns et des autres
Conférenciers :
- François-Emmanuel Boucher (Collège militaire royal du Canada) : «La libido réactionnaire de Louis de Bonald à Philippe Muray»
- Jacques Dubois (Université de Liège) : «Sex in the novel : Christine Angot, Catherine Millet et les autres»
3. Séance du vendredi 20 novembre 2009
Thème : Sport et parole «populaires»
Conférenciers :
- Michel Nareau (Université du Québec à Montréal) : «“You have to write the daily soap opera” Fictions du baseball»
- Christiane Ndiaye (Université de Montréal) : «Jean-Price-Mars : comment parler du peuple aux bourgeois»
4. Séance du vendredi 11 décembre 2009
Thème : Rêver, dormir, traduire peut-être
Conférenciers :
- Rainier Grutman (Université d’Ottawa) : «La traduction comme réfraction discursive : les avatars d’Hamlet en français»
- Natalia Teplova (Université Concordia) : «La traduction : entre “ouverture” des pays et “fermeture” des horizons. Ou : qu’est-ce que l’ “Âge des traductions”?»
5. Séance du vendredi 29 janvier 2010
Thème : Le révolu et les Révolutions
Conférenciers :
- Geneviève Boucher (Université de Montréal) : «Temps historique et Révolution chez Louis-Sébastien Mercier»
- Anne-Marie David (Université de Montréal) : «La “Révolution mondiale” d’Antoine Volodine : du rêve égalitariste au cauchemar collectif»
6. Séance du vendredi 26 mars 2010
Thème : Connaître et penser au temps des «trente glorieuses»
Conférenciers :
- Sarah Sindaco (Université de Liège) : «Souveraineté et violence : les représentations du pouvoir en régime gaullien»
- François Provenzano (FNRS/Université de Liège) : «La théorie littéraire à l’heure du news-magazine en France»
17 décembre 2009 de 19h00 à 21h00
Organisateurs : Yan Hamel, Pierre Popovic
Il y a vingt ans, Marc Angenot faisait paraître 1889, un état du discours social. Ce livre — est-il besoin de le souligner? — a marqué les esprits et exercé une influence considérable sur un grand nombre de chercheurs en sociocritique des textes (ainsi que sur les spécialistes de l'analyse du discours, de la pragmatique socio-historique, de la rhétorique et de la théorie de l'argumentation; il intéressa également les historiens, les politologues et tous ceux qui s'efforcent de penser la «modernité»).
Il y a vingt ans, Marc Angenot faisait paraître 1889, un état du discours social. Ce livre — est-il besoin de le souligner? — a marqué les esprits et exercé une influence considérable sur un grand nombre de chercheurs en sociocritique des textes (ainsi que sur les spécialistes de l'analyse du discours, de la pragmatique socio-historique, de la rhétorique et de la théorie de l'argumentation; il intéressa également les historiens, les politologues et tous ceux qui s'efforcent de penser la «modernité»).
On profitera de cet anniversaire pour faire retour sur les avancées de cet essai, mesurer le terrain parcouru, réévaluer la portée de l'ouvrage et mettre à jour sa critique. Après que plusieurs questions de fond auront été dégagées lors de brèves interventions données par des chercheurs ayant travaillé dans les sillons ouverts par la théorie du discours social, le débat sera ouvert à tous, y compris à l'auteur de ce livre fondateur.
4. Atelier mécanique
8 janvier 2010
Organisation : Claudia Bouliane, Yan Hamel, Djemaa Maazouzi
Sous le titre d’«Atelier mécanique», il s’agit somme toute de trouver une forme de séminaire à peu près inexistante. On y procédera in præsentia à des révisions de projets, à des réparations d’hypothèses, à des ajustements d’argumentaires, à des changements d’huiles de synthèse. Y seront bienvenues les trouvailles issues de lectures récentes, les confessions (modérées) de désespoir heuristique, les objections tracassantes, la cartographie des impasses théoriques du moment.
En somme, c’est une prise directe et à chaud sur des recherches en train de mijoter et, surtout, sur les questions qu’elles entraînent concrètement. Les orateurs et oratrices font part en une quinzaine de minutes maximum d’un travail en cours (petit ou grand, travail de séminaire, article, maîtrise, grand projet, thèse, formulaire à remplir, compte rendu, peu importe) en concentrant l’exposé sur les difficultés rencontrées, qu’elles soient de nature épistémologique, herméneutique ou autre (il s’agit de mettre sur table ce qui nous fait question en essayant de trouver pourquoi cela nous fait question). La discussion qui suit a pour but d’essayer de proposer sinon des solutions, du moins des pistes pour venir à bout du problème.
Pour cette année, les organisateurs chercheront aussi à rassembler des propositions d’intervention portant sur la façon dont le texte est relié à ou projeté sur l’écran de la semiosis sociale dans les différentes projets de recherche. Cette question du lien aux «totalités significatives» convoquées dans les travaux pousse en effet vers des choix conceptuels qui engagent profondément le travail de lecture (parler d’une relation entre texte et idéologie comme Philippe Hamon ou de relation entre texte et discours social comme Marc Angenot, ce n’est bien sûr pas la même chose).
Les présentations seront faites individuellement ou, lorsqu’il sera possible de réunir des intervenants autour d’un sujet similaire, sur le mode de tables rondes favorisant la discussion et le débat.
5. Hyperséminaire/Colloque du vendredi 26 février 2010
Lieu : UQAM, salle des Boiseries
Thème : Fêtes et désastres de la narrativité contemporaine
À Michel Meyer affirmant dans ses travaux sur sa problématologie que la rhétorique fait toujours retour dans les époques où l’organisation politique de la vie sociale semble ne plus générer de projet d’émancipation collective crédible, on aurait envie de dire que la narrativité n’est pas en reste. Si des antithèses idéologiques («La souveraineté ou la santé»), des euphémismes («Y a quelqu’un qui m’a dit») et des énoncés pour méthode Coué («Yes, we can») agissent quelque temps comme des balles traçantes dans le ciel de l’imaginaire social, la propension à la fiction narrative, orientée vers soi, vers l’autre, les autres, l’avenir, le cosmos, autrement dit vers tout ce qui fait rêver ou peur et vers tout ce qui fait question prend soudain des dimensions étonnantes, et d’autant plus aujourd’hui qu’elle est largement soutenue par les nouveaux médias technologiques. Quand les argumentations paraissent toutes s’annuler et que tout apparaît comme une enfilade de «dialogues de sourds» (voir le livre récent de Marc Angenot sur la question), il semble bien que l’être dit sapiens s’en remette à la narration, réinventant sans cesse un lancinant Il était ou sera une fois, projeté à tous vents dans l’espace et le temps, ici, maintenant, ailleurs, plus tard, un jour, jamais. Dans une démarche heuristique, et profitant des nombreuses propositions de conférence reçues en vue du séminaire mensuel 2009/2010, on a voulu réunir une gerbe de travaux abordant de front cette narrativité protéiforme. Les conférenciers ont cette mission : dites-nous ce qui se raconte, comment, et pourquoi.
La journée du 26 février se présente donc comme une énorme séance de séminaire (les communications iront jusqu’à trente minutes et seront suivies d’une période de question) costumée en colloque d’un jour.
À Michel Meyer affirmant dans ses travaux sur sa problématologie que la rhétorique fait toujours retour dans les époques où l’organisation politique de la vie sociale semble ne plus générer de projet d’émancipation collective crédible, on aurait envie de dire que la narrativité n’est pas en reste. Si des antithèses idéologiques («La souveraineté ou la santé»), des euphémismes («Y a quelqu’un qui m’a dit») et des énoncés pour méthode Coué («Yes, we can») agissent quelque temps comme des balles traçantes dans le ciel de l’imaginaire social, la propension à la fiction narrative, orientée vers soi, vers l’autre, les autres, l’avenir, le cosmos, autrement dit vers tout ce qui fait rêver ou peur et vers tout ce qui fait question prend soudain des dimensions étonnantes, et d’autant plus aujourd’hui qu’elle est largement soutenue par les nouveaux médias technologiques. Quand les argumentations paraissent toutes s’annuler et que tout apparaît comme une enfilade de «dialogues de sourds» (voir le livre récent de Marc Angenot sur la question), il semble bien que l’être dit sapiens s’en remette à la narration, réinventant sans cesse un lancinant Il était ou sera une fois, projeté à tous vents dans l’espace et le temps, ici, maintenant, ailleurs, plus tard, un jour, jamais. Dans une démarche heuristique, et profitant des nombreuses propositions de conférence reçues en vue du séminaire mensuel 2009/2010, on a voulu réunir une gerbe de travaux abordant de front cette narrativité protéiforme. Les conférenciers ont cette mission : dites-nous ce qui se raconte, comment, et pourquoi.
La journée du 26 février se présente donc comme une énorme séance de séminaire (les communications iront jusqu’à trente minutes et seront suivies d’une période de question) costumée en colloque d’un jour.
Elaine Després (UQAM) : «Exercer la (pseudo)médecine sur douze générations : Doctor Olaf van Schuler's Brain de Kirsten Menger-Anderson»
Éric Vignola (Université de Montréal) : «Le blog, ça ne s’invente pas. De l’anecdote comme moteur narratif hypertextuel»
Vicky Pelletier (UQAM) : «Entre utopie et désenchantement : l’Amérique de Don DeLillo»
Sylvain David (Université Concordia) : «Poétique de l’advenu chez Michel Houellebecq»
Stéphane Inkel (Queen’s University) : «Politique du devenir chez François Bon»
Élisabeth Nardout (Université de Montréal) : «Produits du terroir et tombeaux des crocquants : le Limousin dans la littérature française contemporaine»
Azouz Ali Ahmed (Queen’s University) : «Le bourgeois sans-culotte, ou le Spectre du parc Monceau : une lecture katébienne de l’histoire»
Alain Farah (Université McGill) : «Changement de garde, qui garde? Olivier Cadiot et la question du pouvoir»


