Enregistrements sonores et vidéos



Conférences présentées lors du séminaire mensuel

2015-2016


Séance du vendredi 25 septembre 2015
Thème : Sex and the City
Conférenciers :

  • Martine Delvaux (UQAM) : «Des filles en série au boy's club, ou quand les hommes sont entre eux» 
Cette conférence introduit le nouveau projet de recherche de Martine Delvaux sur l'image des cercles d'hommes dans la société contemporaine. Elle explore les discours journalistiques et essayistiques ainsi que les oeuvres cinématographiques et littéraires du tournant du XXIe siècle à nos jours en tentant de repérer les effets de sens produits par la représentation de «boy's clubs». 





  • Judith Sribnai (UQAM) et Florian Grandena (U. d'Ottawa) : «Désir et utopie : le monde du travail dans le cinéma français du tournant des années 2000» 
L'analyse sociocritique des films Elle est des nôtres (Alnoy, 2003) et Ce vieux rêve qui bouge (Guiraudie, 2001) montre le potentiel de subversion d'une mise en image de désirs en marge du piège de la violence libérale au coeur du milieu de travail français du début du XXIe siècle.





2012-2013

Séance du vendredi 25 janvier 2013
Thème : Virilité et eugénisme au siècle délirant d'Auguste Comte
Conférenciers :

Les sciences de l’hérédité, au XIXe siècle (dégénérescence, eugénisme, etc.), sont largement marquées, dans cette époque qui précède la connaissance des se méfie comme de la peste des «classes inférieures». Pierre Roux, fou homme sans inhibition. Ce que la rhétorique faussement scientifique cache (encore que bien mal) de haine et de mépris, il l’expose de manière hyperbolique. En ce sens, son texte apparaît comme une parfaite caisse de résonance pour ce discours réactionnaire assez hégémonique dans le monde de la recherche médicale.



La conférence est tirée d'un essai sur Les Misérables de Victor Hugo qui sortira aux éditions Le Quartanier en septembre 2013. Elle commence par résumer la démarche théorique qui anime cet essai avant de se donner pour objet l'examen de «la vie sexuelle de Jean Valjean», laquelle ne se limite pas pour un sociocriticien à la chasteté évoquée dans l'histoire racontée, mais se lit dans la matière scripturale même et dans la profondeur sémiotique du récit.
À venir.

Séance du vendredi 30 novembre 2012
Thème : Anarchistes en musique
Conférenciers :

Cette conférence jette un regard critique sur les processus de canonisation du jazz en prenant comme exemple le Liberation Music Orchestra, un collectif dirigé par le contrebassiste Charlie Haden depuis 1969. Une analyse de l’évolution de la musique enregistrée par cet ensemble entre 1969 et 2006 permet de mettre en perspective certaines conceptions figées du jazz en tant que genre musical, plus particulièrement en ce qui a trait à son rapport avec ce que l’on nomme maintenant la musique improvisée.


L’album London Calling (1979) du groupe The Clash sert ici de prétexte pour réfléchir aux modalités d’une sociocritique musicale. Après une écoute/lecture détaillée des chansons «London Calling» et «Spanish Bombs», ainsi qu’un commentaire de la structure générale de l’album, la conclusion pose quelques hypothèses sur l’imaginaire rock et les communautés symboliques qui le composent.




Séance du vendredi 26 octobre 2012
Thème : Louis-Ferdinand Céline, le retour
Conférenciers : 

Yan Hamel analyse un extrait de Guignol’s Band II : le passage mouvementé de Ferdinand, de la jeune Virginie et du revenant Mille-Pattes dans «un club de nuit, quelque tripot…» —  le «Touit-Touit Club» — où la musique de jazz provoque le déchaînement orgiaque des clients et des protagonistes. Il montre comment la poétique célinienne du jazz se construit avec la récupération et la fusion problématique de deux types de discours contradictoires qui circulaient, en France, entre les deux guerres mondiales : celui des détracteurs du jazz (Camille Mauclair, Georges Duhamel, Lucien Rebatet, etc.) et celui des intellectuels et des artistes réceptifs à cette musique (Jean Cocteau, Darius Milhaud, Michel Leiris, Jean-Paul Sartre, etc.).




    Nous connaissons principalement l’histoire comme un récit. Mais quel récit est chargé de transmettre l’histoire et quelle histoire nous raconte les récits? Qu’est-ce qui est induit par le type de narration que l’on choisit et à quels effets de sens cela donne lieu? Inspirée par les travaux de Paul Ricœur sur la narrativité, cette interrogation sur les rapports entre récit et histoire part d’une analyse des nouvelles formes de narration présentes dans la trilogie allemande de L.-F. Céline. D’un Château l’Autre, Nord et Rigodon présentent en effet des modes de narrativité qui se distinguent d’un récit aristotélicien canonique. Notre analyse montre comment cette narrativité inédite s’enracine dans une réflexion historiographique qui part du constat que l’histoire est asservie à sa propre exigence d’ordre : avant même d’être instrumentalisée, elle est pensée et mise en forme d’après des principes de successivité, de causalité logique et d’orientation vers une finalité. Cette chronique « de bric et de broc » s’écrit contre la lisibilité factice de l’histoire que présente le modèle du récit classique.

    Séance du vendredi 28 septembre 2012
    Thème : La bande-dessinée dans la cité
    Conférenciers : 

    • Invitation à Paul Bleton (TÉLUQ) : «La bande-dessinée de guerre»
    Des problèmes techniques font malheureusement en sorte que ces enregistrements ne peuvent être diffusés.


    Cinquième Conférence inaugurale, samedi 25 août 2012

    La grosse TINA :
    Archéologie littéraire et artistique de l’indignation politique



    La première ébauche une comparaison entre indignation et ressentiment; la deuxième suggère une filiation qu’il faudrait explorer dans l’histoire des idées politiques : avec la critique sociale qu’elle pratiquait, l’époque romantique aurait inventé quelque chose de décisif pour la modernité, qui carburera par la suite à l’indignation; la deuxième «bis» souligne l’intérêt qu’aurait une recherche sur l’indignation contrefactuelle : pour une critique qui puise sa dignité dans une indignation à l’égard du monde, rien n’est plus scandalisant que de faire voir les maux présents du point de vue d’un avenir d’où ils auront été éradiqués; la troisième met de l’avant le rôle de l’indignation dans les grands projets des réformateurs sociaux comme Newton; la quatrième interroge les liens qui unissent l’indignation et la polémique d’un point de vue rhétorique; la cinquième s’arrête sur un cas d’indignation: Kropotkine indigné par la suspecte tiédeur de Marx; la sixième propose une méditation sur une phrase de Nietzsche.




    La grève étudiante de 2012 a été, entre autres choses, un moment privilégié d’affrontement entre deux discours sur l’éducation : l’un strictement économique (gouvernemental) et l’autre d’abord politique (militant). Entre les deux se creuse un différend insurmontable, selon l’expression de Lyotard, à partir duquel se pose la question de la possibilité d’une alternative efficace, fédératrice à la pensée néolibérale. Nous sommes avenir, le manifeste de la CLASSE, problématise l’émergence d’une telle parole – et ses échecs, auxquels la littérature de fiction contemporaine oppose peut-être quelques pistes de solution.



    • Marion Froger (UdeM, chercheure invitée) : «Citation et reprise en régime d’image politique (quelques exemples). Vertu et piège de l’anachronisme»

    Pour les acteurs engagés dans les luttes politiques, confrontés aux images de leur lutte ou au devoir d’en produire, la reprise d’images de films associés aux luttes politiques marquantes de l'histoire permet de dresser des solidarités inspirantes entre passé et présent. Mais au regard de l’histoire, ces ponts s’appuient-ils sur les bases mouvantes de l’analogie, ou relèvent-ils d’anachronismes féconds? Cette question fut très présente lors du printemps québécois en raison de l’importance prises par les images et leur circulation dans les réseaux sociaux. La reprise d’images ouvre la question du rôle décisif de l’imaginaire dans l’animation de «l’instance désirante» des mouvements révolutionnaires. Et de ce point de vue, l’image vaut en vertu de l’imaginaire social qu’elle oppose à celui qui, jusqu’au cœur du présent, rend acceptable l’organisation sociale contre laquelle les acteurs se dressent. Loin d’être seulement le vecteur d’un vrai/faux sentiment de répétition des scénarios d’affrontement dans les sociétés occidentales, les citations et les reprises réveillent ce qui, dans des œuvres pourtant patrimonialisées par les institutions culturelles, relèverait d’un contre-imaginaire toujours en puissance d’actualisation. 
    En savoir plus 

    • Bertrand Gervais (UQAM, chercheur invité) : «Resistance is futile. Quand la pensée tient en un dé à coudre»


    «Turbulences» est une création vidéo qui met les discours tenus par les dirigeants politiques du Québec lors du «Printemps érable» en perspective historique avec les propos célèbres des politiques anglo-saxons de la fin du XXe siècle.


    Turbulences-BG-2012 from ClaudiaB on Vimeo.


    À l'indignation populaire suscitée par l'attentat contre Jean-Paul Marat, André Chénier opposa, dans son ode «À Marie-Anne Charlotte Corday», son propre sentiment d'injustice devant le sort réservé à la meurtrière. Geneviève Lafrance s'intéresse ici à la façon dont le «juste hommage» rendu par Chénier à Corday puise à même le grand bassin d'images et de motifs à l'aide desquels s'exprima la colère de ceux qui vilipendèrent Corday et regrettèrent l'Ami du peuple. 



    • Djemaa Maazouzi (UdeM) :  «Une lecture filiforme des Histoires minuscules des Révolutions arabes (Chèvre Feuille Etoilée/ Éditions Chihab, 2012)»  
    Les révolutions dans le «monde arabe» ont tant fasciné que dérangé. En plus de célébrer la contestation des dictatures, on a beaucoup misé sur un changement des mœurs; on a moins souvent souligné les aspects ambigus, parfois bien sombres, de la sexualisation des révoltes. La lecture de quelques nouvelles critiques tirées du recueil Histoires minuscules des Révolutions arabes permet de mettre en lumière ce sujet occulté d’un «Printemps» par trop chaud selon certains auteurs. 





    Un homme d'affaires sans scrupules, propriétaire d'une entreprise de pompes funèbres, rencontre un sujet particulièrement récalcitrant, un mort ressuscité adepte des arts martiaux. Par ce récit en apparence simple, Gary Victor critique l'abus de pouvoir et propose des pistes de résistance aux régimes corrompus. 
    À l'occasion de l'édition 2012 des Jeux Olympiques d'été, des pochoirs anti-olympiques et ouvertement hostiles à la commercialisation outrancière des Jeux se sont multipliés sur les murs de toutes les grandes villes d'Angleterre. Les graffiteurs ont été nombreux à s'en prendre au sigle officiel - et protégé - des olympiades : les cinq anneaux de couleur entrecroisés. Les œuvres analysés dans le cadre de cette présentation, qui reprennent toutes ce logo et, surtout, le resémantisent, ont été créées aussi bien par des artistes reconnus (Banksy, The Toasters) que par des graffiteurs moins connus ou tout simplement anonymes. 

    Liens vers les œuvres analysées : 


    • Pierre Popovic (UdeM) :«Marx contre Crapulinsky, Hugo contre Napoléon le petit, mais Feuilly, ah! Feuilly!»
    Écartant les bords de la plaie, Les Misérables oppose des indignations vulgaires à des indignations nobles, que surplombe l’indignation sociopolitique. Indignation froide de Valjean quand il pense au bagne, indignation pathétique de la putain Fantine devant Javert, indignation érudite de l’ouvrier Feuilly. Là se donne à lire une réserve d’avenir qui ouvre sur les indignés d’aujourd’hui et le mouvement «Occupy Wall Street». 


    La dernière campagne électorale québécoise s’est déroulée sur fond d’une opposition bien connue en France : «le Parlement, ou la rue». L’argument sous-tend une conception représentative de la démocratie (en opposition à une vision participative) qui permit à plusieurs gouvernements français – surtout de droite, mais aussi de gauche – de combattre, avec des succès mitigés, certaines volontés populaires au nom d’une légitimité constitutionnelle nationale. L’antagonisme, complexe, met au jour l’ambiguïté des rapports entre gouvernés et gouvernants.
















    • Bernabé Wesley (UdeM/Montpellier) : «Je ne peux tout de même pas aller contre la vérité du marché » : La Carte et le Territoire, de Michel Houellebecq, ou l’art comme acceptation du monde»

    Ni prolétaires, ni chômeurs, ni misère dans La Carte et le Territoire. L’itinéraire du personnage principal du dernier roman de Michel Houellebecq relève au contraire de la success story – celle de l’artiste Jed Martin, coqueluche des milliardaires amateurs d’art dont l’œuvre et le parcours sont emblématiques de certaines dérives mercantiles de l’art contemporain. Cette communication part du constat que ce roman explore le paradigme libéral du point de vue de l’artiste pour examiner l’hypothèse suivante : le roman de Houellebecq serait une mise en récit ironique de l’impossibilité, pour l’art et la littérature, de formuler une critique efficiente du libéralisme. 



    2011-2012

    Séance du vendredi 24 février 2012
    Thème : L’urbanité et ses usages littéraires
    Conférenciers :
    • Vicky Pelletier (Uqam) :  «Circuler, habiter, consommer : pour une lecture sociocritique de l’œuvre de J.G. Ballard» 
    Cette communication présente quelques éléments de réflexion du premier volet d’une thèse intitulée «Circuler, habiter, consommer : sociocritique de l’œuvre de J.G. Ballard». Elle interroge la place de l’imaginaire de l’automobile dans l’œuvre de cet auteur anglais et explicite le contexte historique qui sous-tend la narration de Crash, un roman publié en 1973. Elle étudie la construction narrative de son personnage central, Vaughan, ainsi que les divers renversements et inversions qui structurent le récit, sur lesquels s’échafaude une critique de l’impact de l’automobile sur l’imaginaire contemporain. 

    Il s'agit ici de présenter un projet de recherche portant sur la pratique des lieux frontières dans le roman du XVIIe siècle. Judith Sribnai s'intéresse à des lieux intermédiaires, à la fois jonction et médiation, entre des espaces institués et des espaces marginaux, tels les hôtelleries, les prisons, les antichambres. Quelques exemples, tirés du roman comique, de la nouvelle historique ou galante, montrent l'importance de ces lieux sur le plan de la narration, mais aussi pour une réflexion sur la place et le rôle du roman ainsi que sur les notions de différence et de catégorie au XVIIe siècle.

     
    Séance du vendredi 27 janvier 2012
    Thème : Enfances actuelles
    Conférenciers :
    • Émilie Brière (Uqam) : «Composer avec l’innommable : écritures contemporaines de l’enfance souffrante»

      Cette conférence, qui reprend les grandes lignes de la problématique de la thèse d’Émilie Brière, Écrire la souffrance de l'enfant au tournant du XXIe siècle: le récit à l'épreuve de l'innommable, porte sur six récits parus en France dans les quinze dernières années et qui ont en commun traiter la représentation de la souffrance de l'enfant comme une pierre de touche sur laquelle s'éprouve aujourd'hui la valeur de la littérature.

    • Invitation à Catherine Mavrikakis (Université de Montréal) : «Portraits flous de quelques enfants meurtriers (Elfriede Jelinek, Michaël Haneke, Denis Cooper, Gus Van Sant)»
    Catherine Mavrikakis s’intéresse aux œuvres cinématographiques et littéraires de Cooper, Haneke, Jelinek et Van Sant à partir d’un même point de focalisation : l’homicide commis par des enfants. Ce parcours l’amène à s’interroger sur les parallèles saisissants entre ce thème troublant et des motifs inattendus tels que la représentation de la musique classique et la mémoire de la Shoah.
    La séance du vendredi 25 novembre 2011, Vieux livres et nouveaux lecteurs, n'a malheureusement pu être enregistrée.
    Séance du vendredi 28 octobre 2011
    Thème : Jazz et société
    Conférenciers :
    Sartre a donné un rôle capital à la chanson «Some of These Days» dans La Nausée. D’autres allusions au jazz se trouvent dans ce même roman, dans les Écrits de jeunesse publiés à titre posthume, dans la nouvelle «L’enfance d’un chef», dans les Carnets de la Drôle de guerre, dans les pièces de théâtre Huis clos et Nekrassov, dans les deux premiers tomes du cycle romanesque Les Chemins de la liberté, ainsi que dans quatre essais parus entre 1945 et 1950. Enfin, un court article entièrement consacré au jazz, « Nick’s Bar, New York City », est paru dans un numéro de la revue America qui fut au centre d’une vive polémique entre spécialistes français de la musique de jazz. La conférence de Yan Hamel vise à montrer que cette écriture sartrienne du jazz est tout sauf neutre; elle charge la musique syncopée de significations complexes et contradictoires, non seulement sur les plans littéraire et esthétique, mais aussi, et peut-être même surtout, sur les plans social et politique.

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    Une lecture sociocritique de l’album The Clown (1957) du contrebassiste et compositeur Charles Mingus permet de montrer par quels moyens ce dernier réussit à véhiculer son message politique par sa musique. Des éléments musicaux et extramusicaux sont analysés afin de tenter de dégager une signification musicale du geste créateur de l’artiste.

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    Deuxième séance inaugurale (2009-2010) : Jean-François Chassay : «Insémination artificielle : du gène en littérature» Écouter sur Radio Spirale
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    À Tire ta langue (France culture), le 4 mars 2012, Antoine Perraud reçoit Claude Duchet pour discuter de la sociocritique.

    Vidéos
    • Poulidor contre Anquetil, l'histoire d'un cliché, par Pierre Popovic (2011)
    • À l'occasion de la troisième édition du festival en toutes lettres (2011) Jean-François Chassay parle de l'auteur Isaac Asimov. 



    • Yan Hamel parle de son article «Le rêve américain de Jean-Paul Sartre», paru en 2010 dans Les Temps Modernes
    Découvrir la suite de l'entrevue (texte et vidéo)  http://benhur.teluq.ca/wordpress/sanspapier/risques_mien/risques_1010/