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TEXTES THÉORIQUES

La sociocritique n’est ni une discipline ni une théorie. Elle n’est pas non plus une sociologie, encore moins une méthode. Elle est une perspective. À ce titre, elle a pour principe fondateur une proposition heuristique générale de laquelle peuvent dériver de nombreuses problématiques individuellement cohérentes et mutuellement compatibles.

Cette proposition se présente comme suit :

La socialité des textes est analysable dans leurs procédures de mise en forme, lesquelles se comprennent rapportées à un ensemble sémiotique plus large de nature langagière ou visuelle. L’étude de ce rapport de commutation sémiotique permet d’expliquer la forme-sens (thématisations, contradictions, apories, dérives sémantiques, polysémie, etc.) de ces textes, d’évaluer et de mettre en valeur leur historicité, leur portée critique et leur capacité d’invention à l’égard de la vie sociale.

Analyser, comprendre, expliquer, évaluer, ce sont bien là les quatre temps d’une herméneutique. C’est pourquoi la sociocritique peut se définir comme une herméneutique sociale des textes.
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C’est en lui donnant pour objet le texte considéré comme matière langagière, procès esthétique et dispositif sémiotique que Claude Duchet trace dès la fin des années soixante son programme. La «socialité» du texte s’atteint par une lecture interne,immanente, textualiste pour reprendre des mots chargés de mépris par les sociologues : «C’est dans la spécificité esthétique même, la dimension valeur des textes, que la sociocritique s’efforce de lire cette présence des œuvres au monde qu’elle appelle la socialité.» (Claude Duchet, «Introductions. Positions et perspectives», dans Claude Duchet, Bernard Merigot et Amiel van Teslaar (dir.), Sociocritique, Paris, Nathan, 1979, 220 p., pp. 3-8, p. 4.) Au cours de l’analyse des procédures de mise en texte, la «sociocritique interroge l’implicite, les présupposés, le non dit ou l’impensé, les silences», écrit Duchet, à quoi peuvent s’ajouter les contradictions, les passages énigmatiques, les dérives sémiotiques, les inutilités (personnages surnuméraires, énumérations hasardeuses), l’invention pure et simple (d’une langue par exemple), les relations sémantiques curieuses, les conflits poétiques ou les apories narratives, en clair : tout ce qui relève du sens et non de la signification (étant entendu que le sens est toujours mouvement et la signification arrêt), tout ce qui témoigne d’un déplacement sémiotique productif, tout ce qui porte la trace d’une complexité sémantique et de ce saut véritable dans l’imagination qui caractérise les textes de littérature.
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Sortir l'ancienne analyse idéologique de ses impasses, situer la socialité du texte au principe même de sa mise en forme, penser la textualisation comme un rapport créatif et dynamique avec des discours, des représentations, des langages, se distinguer ainsi radicalement de la sociologie de la littérature, telles sont les bases fondamentales de la sociocritique exposées dans les travaux de Claude Duchet, d'Edmond Cros, de Pierre V. Zima ou Régine Robin.





ANALYSES

Publications collectives du CRIST 
Lectures de textes











    • HAMEL, Yan et Emmanuelle JACQUES (dir.), «1889 a eu vingt ans : Questions à Marc Angenot, Actes de la table ronde», Discours social, vol. XXXVI, 2010.  

    Écouter les interventions originales sur Radio Spirale: 1889 a vingt ans. Questions à Marc Angenot 




















      CRÉATIONS LITTÉRAIRES



      Réécritures du poème «À une passante» de Charles Baudelaire produites dans le cadre de la Huitième Conférence inaugurale «La rue assourdissante autour de nous hurlait»